dimanche 12 mai 2013

ITINERAIRES KANDICHA  / Julien Boulier
ECOUTER/LISTEN 

Je n’ m’étais pas assez méfié de l’addiction
Et maintenant couché je payais l’addition
Des énergies étranges me transperçaient le corps
Des palabres indistinctes me parvenaient encore
Dans mon délire obscur je distinguais son chant
Qui tentait d’apaiser ma fièvre et mon tourment
Dans la case en pisé des femmes s’affairaient
Pour complaire au sorcier qui me dévisageait
Je voyais sur mon bras ma peau devenir noire
Et je pensais tout bas que toi seule saurais croire
Combien ce grand mystère achèverait l’histoire.
I was not wary enough of the dangers of addiction
And now here I lie paying the price
Foreign sensations piercing my being
And what I was hearing  made no sense at all
From this dark delirious place I could make out her song
Her attempt to soothe my fever and ease my turmoil
Inside the mud built hut women were eager to please
The witch doctor staring back
As I saw the skin  on my arm turning black
There I thought to myself only you would know
How mysteriously this story would come to such end.

dimanche 5 mai 2013

FATIANA  / Frédéric Perroux
ECOUTER/LISTEN

Une cartographie imprécise improbable
M’avait conduit ici

Comme je n’allais nulle part je m’étais installé
M’inventant le projet
De réactualiser ces tracés effacés
D’indiquer sur papier les pistes et les sentiers

Entreprise stérile et vouée à l’échec
Doux  prétexte fallacieux
Permettant d’arpenter un carnet à la main
Les rues bien fréquentées et les moindres chemins
Permettant d’aborder un crayon à la main
Les femmes et les hommes affables et prévenants
Qui généralement s’empressaient d’indiquer
Les lieux à remarquer
Ou mieux m’accompagnaient
A un arbre chargé de symboles lourds de sens
A une source tarie à une motte de terre
Qui gardaient bien enfouis les secrets qu’il faut taire

Rencontres chaleureuses sous le signe du sourire
Géographie nouvelle
Où les lieux s’effaçaient au profit des visages
Et sur ma carte ancienne aux signes dépassés
J’archivais consignais d’insignifiants détails
Qui seraient inutiles à tout autre que moi

Une cartographie imprécise improbable
M’avait conduit ici.
An inaccurate and nondescript map
Had brought me to this place

As I had no where to go I stopped for a while
Imagining the task 
Of updating the blurred lines
And putting down on paper so many paths and trails

Wasted endeavour doomed to failure
Attractive pretence
Allowing me to wander note book in hand
Through very busy streets and each and every alley
As I dared to approach pen at the ready
Well intentioned men and women
Eager to tell me
Of the places of interest
Even better to take me
To a tree heavy with symbols
To a dried up stream
To a clump of soil
And the secrets they hold never to be told

Warm and friendly encounters sealed with a smile
A new found Geography
Where places meant less than faces
And upon my old map with its useless drawings
I archived and noted insignificant details
Which for me held their meaning 

An inaccurate and nondescript map
Had brought me to this place.

dimanche 28 avril 2013

ITINERAIRES AZIZA  /  Julien Boulier
ECOUTER/LISTEN
Taches intenses de couleurs
Réminiscence des masques
Ou rosettes de fauves
Ocelles d’animaux
Fabuleux fantastiques
Qui venez chaque nuit
Hanter mes rêves maudits
Vous êtes les fantômes
Les esprits disparus
Des amis oubliés
Des femmes noires aimées
Et c’est votre énergie
Qui m’aide le matin
A affronter ici
L’incessante grisaille
Morne et désespérée
Qu’est devenue ma vie.
Stains in colour so deep
Evoking the masks
Or the markings of beasts
Spotted coats of imaginary
And mysterious creatures
As they apear each night
To fill my dreams with curses
For you are the ghosts
The vanishing spirits
Of friends now forgotten
And black women once loved
In your vibrancy
Each morning I seek
The strength to defeat
The never ending greys
Hopeless and bleak
That now fill my days.

dimanche 21 avril 2013

FATAYE  /  Frédéric Perroux
ECOUTER/LISTEN 



Des regards entrevus, promesses sitôt perdues.
Furtive glances, promises never to be met.

dimanche 14 avril 2013

ITINERAIRES AFRICA  /  Julien Boulier
ECOUTER/LISTEN


Respect du sorcier
Respect de sa parole
Livrée avec parcimonie
Comme un trésor

Respect des ancêtres
Respect de leurs masques
Grâce auxquels ils sourient encore
Parfois

Respect de l’arbre droit
Qui s’en va jusqu’au ciel
Adresser aux anciens
Les suppliques d’ici-bas

Respect du large fleuve
De ses crues impétueuses
De son dessin tortueux
Et ses poissons nombreux
Comme les porte-bonheur
Annonciateurs du jour
Où la paix règnera.
Honour the Sorcerer
Honour his word
Sparingly given,
Preciously heard

Honour your ancestors
Honour their masks
Which captured their smile
So that it would last

Honour the upright tree
Reaching out to the sky
As it sings to the elders
Of our prayers as we cry

As the river runs wide
Honour the reckless tide
And meandering flow
The abundance of fish
Carrying our wish
Of the day soon to come
When all wars will be done.

dimanche 7 avril 2013

ZOUNGU  /  Benjamin Lew
ECOUTER/LISTEN

Et tu ouvres ta porte aux touristes effrayés
Que tu laisses dormir en pyjamas rayés
Sur de simples paillasses toujours renouvelées
Ils imaginent le pire et parfois contrariés
C’est à peine si certains savent te remercier

Le sol en terre battue paraît chaud sous leurs pieds
Leurs mouvements sont gourds leurs cheveux dépeignés
Ils se lavent sans hâte mais sont vite habillés
Tu t’affaires sans fin pour qu’ils soient rassasiés
Que dans leurs souvenirs tu ne sois oubliée

De coffres en bois précieux tu sors quelques présents
Que tu offres à chacun avec tes doigts brûlants
Quelque part de l’eau goutte et marque les secondes
Avant qu’ils ne repartent rejoindre un autre monde
Où ils emporteront cette Afrique fantasmée.
To the fearful tourists you open your door 
And in their striped pyjamas you let them sleep
Upon straw mats rough but always fresh 
Imagining the worst and often disconcerted
Scarcely do they find the courage to thank you

The earth beaten floor feels warm to their feet
With their hair unkept they move around heavily
Washing themselves slowly dressing hastily
You are busy making sure their hunger is satisfied 
May they keep you there always safe in their mind

Out of precious wooden chests your presents emerge
And with your warm fingers you hand them around
Somewhere water drips and in seconds beats time
Before they all depart towards another world
Taking with them these African visions.