dimanche 27 octobre 2013

SEMAINE 18 / Christophe Havot

TRIBUTE 08 Didié Nietzsche
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Ne rien oublier.
Ne pas oublier son propre passé.
Ne pas oublier que la mémoire est capricieuse.
Ne pas oublier de ramoner.
Ne pas oublier la souffrance.
Ne pas oublier les ancêtres.
Ne pas oublier de partager.
Ne pas oublier de s’alimenter.
Ne pas oublier d’accompagner les enfants.
Ne pas oublier les présents reçus.
Ne pas oublier d’arroser.
Ne pas oublier de rédiger la liste des provisions et de s’y tenir.
Ne pas oublier que l’oubli menace.
Ne rien oublier.


To forget not a thing

Not where you come from
Or that memories may lead astray
Nor the necessity to clean up

Not what pain feels like
Or about your elders
Nor the sharing

Not that you must eat
Or to guide your children
Nor the gifts received

Not the watering
Or to write a list and keep to it
Nor the danger of forgetting to remember

To forget not a thing.

dimanche 20 octobre 2013

SEMAINE 17 / France Paquay

TRIBUTE XV Didié Nietzsche
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Vielsalm
Dimanche 18 août - 7h06 – Vielsalm. Le ciel soulève doucement ses paupières. Par ce petit entrebâillement, je vois l’endroit où nous venons déposer des objets souvenirs vers la nouvelle vie que leur réservent leurs futurs propriétaires, à la brocante annuelle. 17h06 Le ciel pleure sa pluie de fin d’été. Odeur de pétrichor. sentiment d’abandon ou de solitude... Retour vers la maison des aînés, Vidée.

Sunday 18 August - 7:06am - Vielsam. Slowly the sky opens its eyes. Through this narrow chink, I catch a glimpse of the annual car boot sale where we just left our memorabilia destined for a new life with new owners. 5:06pm Tears of Summer rain.  A smell of damp earth, a sense of detachment or loneliness... Back to the old house, a feeling of emptiness.

dimanche 13 octobre 2013

SEMAINE 16 / Christophe Havot

PROMENADEkévin paul cahay (tomorrow massacre)
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Chaque fois qu’il passait devant l’usine AZF de Toulouse, il affirmait : «Regardez bien, un jour tout ça va péter et la ville sera rayée de la carte, ou peu s’en faudra.» On sait ce qu’il est advenu de ses prophéties. Depuis le temps que je ne l’ai pas vu j’ignore s’il a jeté son dévolu sur une nouvelle installation à risque.

Each time he drove past the AZF factory near Toulouse, he stated: “Mark my words, one day all this will blow up and the city will be entirely wiped out, or close enough” Well, we know what came of his predictions. I haven’t seen him in a long time, I wonder if he has found any other risky installation to warn us about.

dimanche 6 octobre 2013

SEMAINE 15 / France Paquay

SPACE TICKET 4 kévin paul cahay (tomorrow massacre) & Didié Nietzsche
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Vacances


Lundi 05 Août 20h46 - Autoroute de Liège entre Sprimont et Tilff. Les anges ont rassemblé leurs ailes pour te faire une couronne d’accueil. Qu’il est doux de rentrer chez soi après une si longue route...

Monday 5th August 8:46pm - On the motorway to Liège between Sprimont and Tilff. Angels have gathered their wings to make you a welcome crown. It is good to be home after such a long journey... 

dimanche 29 septembre 2013

SEMAINE 14 / Christophe Havot

WHEN I WAS A MOOR Dylan Whitman Waller
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Pour mon père, vacances rime avec kilomètres. On dirait que son plaisir c’est de rouler, de nous emmener n’importe où, ma sœur, ma mère et moi. De préférence il nous fait lever à l’aube pour pouvoir emprunter ensuite les itinéraires les plus longs, les plus tortueux, sur des petites routes de campagne où aucune voiture ne s’aventure comme si les autoroutes n’existaient pas pour lui. Parfois j’essaie de suivre sur des cartes le trajet qu’il semble avoir mémorisé entièrement mais j’abandonne assez vite, la plupart du temps. Je branche alors mon mp3 et ferme les yeux, somnolente, pour ne les ouvrir que par intermittence, découvrant à chaque fois un nouveau paysage, inconnu.

My father measures holidays in miles. He seems to find pleasure in the ride itself, taking us anywhere my sister, my mother and I. He particularly delights in us getting up at dawn in order to then choose the longest and most tortuous of routes, along small country roads no one ever dares to take, just as if motorways did not exist. Sometimes I try to follow on the map the route he seems to have entirely memorised , most of the time I soon give up. I switch on my MP3 player and close my eyes, half asleep, to only intermittently open them, each time to discover a new and unknown landscape.

dimanche 22 septembre 2013

SEMAINE 13 / France Paquay

TRIBUTE 5-01 kévin paul cahay (tomorrow massacre) & Didié Nietzsche
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Montepulciano


Mardi 30 juillet 17h08 - Retour de Montepulciano vers Castel del Piano, après une dégustation de vin. Doux bercement de la carriole, le défilement des paysages comme un documentaire géo sans son, le grésillement de la radio des routes locales, l’air conditionné me caresse gentiment les joues. Mon esprit se vide lentement de mes questions sur la condition de l’homme sur son environnement et surtout l’inverse, des dizaines de réponses à cela... Je suis bien, la lumière est belle et calmement mes yeux se ferment. Je m’endors.


Tuesday 30 July at 5.08pm
Return journey from Montepulciano towards Castel de Piano, after a wine tasting. Gentle rocking movement of the carriage, the scenery scrolling by as part of a silent nature documentary, the crackling sounds on the local traffic radio, the air conditioning gently caressing my cheeks. My head slowly drained of questions about the human impact on the environment and more so about the reverse, to which I hold dozens of answers...
I feel good, such beautiful light and peacefully my eyes close. I fall asleep.

dimanche 15 septembre 2013

SEMAINE 12 / Christophe Havot

DESCENDING Jhonnie Kratong
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Chaque soir, en rentrant du travail (le matin, à cause des nombreuses voies à sens unique, mon parcours est sensiblement différent) je longe ces barres d’immeubles gris que ni les vêtements colorés qui sèchent sur les balcons étroits ni les paraboles innombrables, taches blanches posées là comme pour une installation d’art contemporain, ne réussissent à égayer. Et chaque soir je pense à cet homme qui s’est jeté d’un cinquième étage, le corps recouvert d’essence enflammée pour faire bonne mesure il y a déjà plus d’un an. Il avait griffonné un mot, un seul sur une feuille de papier quadrillé arrachée à un cahier d’écolier : « pardon ». Comme si c’était lui qu’il fallait pardonner et non tout le reste.

Every evening, coming home from work (in the mornings due to numerous one way streets my route is slightly different) I drive along rows and rows of grey buildings that neither the bright coloured clothes drying on the narrow balconies, nor the many satellite dishes, white dots placed as if part of an art installation, could ever hope to brighten up. And every evening I remember the man who more than a year ago, threw himself from the fifth floor of a building, covered in petrol in flames for good measure. He had scribbled two words only on a sheet of paper torn out of a school exercise book : "forgive me". As if he was the one we should forgive and not every thing else.