ECOUTER/LISTEN
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Une clarté indistincte teintait d’ocre la chaux
Et sous la moustiquaire il faisait déjà chaud. |
A dim light coloured the lime wall in ochre shades
And under the mosquito net it started to feel warm.
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Une clarté indistincte teintait d’ocre la chaux
Et sous la moustiquaire il faisait déjà chaud. |
A dim light coloured the lime wall in ochre shades
And under the mosquito net it started to feel warm.
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Des boubous bariolés se
succèdent sans cesse
Et il m’est impossible
d’identifier quiconque
Je remarque au passage
des mélanges audacieux
Des sourires aux dents
blanches et des tresses infinies
Des scarifications
ornent parfois la joue
De jeunes femmes fières
et droites
Qui marchent sans me
voir et s’en vont affairées
Vers d’étranges devoirs
qu’on ne peut deviner
Le poids de leurs cabas chargés de fruits sucrés
Ne semble pas gêner le
rythme chaloupé
Qu’à leur corps
longiligne leurs fins pieds nus imposent
En se posant à peine
sur la terre poussiéreuse
Sablonneuse rouge et
ocre qui est comme un tapis
Spécialement apprêté en
vue du défilé
Que personne n’a le
temps de vraiment apprécier
A part moi blanc oisif qui
ne le mérite pas. |
Multicoloured bubus one
by one in a never ending stream
Impossible to determine
who is who
At times I notice
audacious colour combinations,
Smiles of pure white
teeth and then infinitely long plats.
Their cheeks decorated
with scarifications
Young women proud and
upright
Walk pass me without a
look intent on pursuing
Some mysterious duties
unknown to all
Their heavy sweet fruit
laden baskets
Never interfere with the
sway in their step imposed
To their slender figure
by their thin bare feet
Hardly touch the dusty
ground like ruddled sand
Laid out as a
ceremonious carpet to suit a parade
No one has time to
admire
Apart from the
undeserving idle white man that I am. |
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Vieux colon imbibé de
substances frelatées
L’œil pourtant aux
aguets sous les paupières tombées
Tu expires lentement
Et tu craches en jurant
D’étranges et vieux
blasphèmes extraits de ta mémoire
Surgis du plus profond
de ton étrange histoire
L’alcool blanc peu à
peu pénètre ton corps pâle
Et efface un à un tes
forfaits et leurs traces
Tu pleures maintenant
Et tu revois l’enfant
Qui sous tes mains
frémit mais par peur du scandale
Tait et étouffe ses
cris tout en te faisant face
De ton itinéraire
Qui s’achève en
poussière
Dans cette chambre
sombre
Où tu t’écroules enfin
Il ne restera rien
Que l’odeur de la mort.
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Old
colonial drenched in adulterated moonshine
Still on
the look out beneath your heavy eyelids
Slowly
breathing out
And spiting
as you utter
Blasphemous
and strange ancient words you pull out
Of the
depths of your mysterious past
The white
spirit slowly penetrates your pale body
Erasing
one by one your deeds and their scars
Suddenly
you are in tears
You see
that child again
Trembling
in your grip and afraid of the scandal
Remains
silent, but faces you with a repressed scream
Of this
journey
Ending in
the dust
Of this
darken room
Where you
finally collapse
Nothing
will remain
But the
scent of death.
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Silhouette
aperçue de la couleur d’une ombre
Sitôt évaporée en moins
d’une seconde. |
A glimpse
of a shadowy figure
So soon to
fade away in less than a second.
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Un vent de sable chaud
faisait vibrer le drap
Où tu t’enroulais nue
en pensant à mes bras
Ecrasée de chaleur tu
t’endormais en sueur
Le matin te trouvait
trempée et dénudée
Un vieux ventilateur
brassait un air mauvais
Et sous les pales
encore je contemplais ton corps
Visitée dans tes rêves
par des peuples oubliés
Qui te parlaient
d’amour et d’hospitalité
Tu t’éveillais hagarde
et comme hallucinée
Des insectes passaient
leurs élytres bruissaient
Et leurs pattes sur le
bois en petits coups très secs
Donnaient comme un
concert qu’atténuaient nos ébats
Le souffle rauque et
court tu murmurais tout bas
Des mots obscènes et lourds
que je n’attendais pas.
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A warm, sand filled wind lifted the
sheet
Wrapped around you naked, as you
dreamt of my arms
Crushed by the heat you fell asleep
in a sweat
Morning surprised you drenched and
nude
An old fan tossing around stale air
And beneath the blades I watched you
there
In your dreams you encountered
forgotten people
Who spoke of love and hospitality
Then you would wake dazed almost
possessed
Insects went by wings rustling
Legs sharply tapping upon the wooden
floor
Rhythm and sounds muffled by our
frolics
Breathless and hoarse you were
whispering
Strong obscene words I was not
expecting.
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